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Être élève dans un lycée qui porte le nom d’un grand homme

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Joseph Wresinski est un prêtre français (1917-1988) qui s’est investi religieusement et humainement. Il est connu pour être le fondateur du mouvement Agir tous pour la dignité (ATD) quart monde. L’expression « quart monde » donne un nom à la population défavorisée qui, même si elle n’est pas toujours visible, existe dans tous les pays riches ou pauvres. Or, si le mouvement ATD Quart Monde est globalement connu par les jeunes des années 2000, quand est-il de son créateur ? Pour tenter d’y répondre, nous avons donc interrogé quelques uns de nos élèves en leur posant cette question : qu’est-ce que cela fait d’être élève dans un lycée qui porte le nom de Joseph Wresinski ? Un premier temps montrera en quoi le nom du lycée n’évoquait rien aux jeunes avant leur intégration dans l’établissement. Mais, suite à la lecture des articles biographiques et des échanges, les élèves ont découvert une histoire au nom de leur établissement et fait des liens entre les objectifs du lycée et les volontés du grand homme qu’était Joseph Wresinski.

I. « Cela ne nous fait rien », mais…
« Cela ne nous fait rien, car Joseph Wresinski n’est pas connu comparé à Nelson Mandela, l’Abbé Pierre, Jacques Prévert, Victor Hugo… » indiquent les élèves de CAP APR en préambule. En effet, ils disent ne pas connaître cet homme né à Angers en 1917. S’ils font référence à deux écrivains qu’ils ont probablement découverts durant leurs études, il apparaît que les deux autres grands hommes cités pourraient être assimilés à Joseph Wresinski.
En effet, sans le savoir les élèves établissent un lien entre l’Abbé Pierre et Joseph Wresinski. Ces deux prêtres avaient un objectif commun : celui de sortir l’Homme de la misère ; notamment par le travail, réalisé collectivement pour une communauté. En outre, Joseph Wresinski fonde le mouvement ATD Quart Monde dans un camp qui avait été installé par l’Abbé Pierre en juin 1954. Même si cela n’est pas clairement établi, ajoutons que ces deux religieux sont proches du courant des « prêtres ouvriers ».
Un lien pourrait être aussi proposé entre Nelson Mandela et Père Wresinski. Ce lien pourrait être celui de l’investissement « corps et âme » dans une cause. Les deux hommes défendaient la notion d’égalité. Cette égalité devant s’opposer aux discriminations, en incluant l’ensemble d’une communauté dans cette action.

II. … le nom correspond bien à notre lycée professionnel
La devise de l’établissement est une citation attribuée à Joseph Wresinski : « Bâtir la société de demain à partir d’une vérité découverte et non pas d’une leçon apprise ». Les élèves indiquent que comme Joseph Wresinski « le lycée permet d’apprendre aux gens à ne pas tout attendre des autres », « à se débrouiller par soi-même » tout en étant accompagné. Père Wresinski avait effectivement redonné confiance aux résidents du camp de Noisy-le-Grand, en les aidant à construire par eux-mêmes un espace de vie décent.
Au terme de cette réflexion les jeunes pensent que si l’objectif de tout établissement scolaire est la réussite de ses élèves, le lycée dans lequel ils étudient porte bien son nom. Ce lycée est un établissement professionnel où les enseignements généraux sont liés aux enseignements techniques et professionnels. De manière très concrète, les élèves perçoivent des liens de similitudes entre les projets menés par Joseph Wresinski à Noisy-le-Grand et l’offre de formation du lycée. Ils constatent qu’il y a notamment dans l’établissement « des ateliers, un salon d’esthétique et de coiffure, une cuisine pédagogique », etc. Finalement pour eux : « le nom Joseph Wresinski correspond bien à un lycée professionnel » qui plus est inscrit dans l’enseignement catholique. « Le fait d’avoir donné le nom de cette personne permet aussi et surtout que l’on se souvienne de son action ». Celle-ci pouvant être une source d’inspiration au quotidien.

Auteurs :
Classe de CAP Agent polyvalent de restauration (APR) : Simon Beaufreton, Quentin Bineau, Alexis Bodineau, Lisa Charot, Tom Chupin-Beguin, Charlène Delepine, Camille Gauthier, Mariam Koné, Raheem Ouattara, Clara Paboeuf, Matthys Posnic et Alexis Quelen, et leurs référents : Jean-Baptiste Blain et Sylvie Neveu.

Photo : Les élèves en pleine rédaction de l’article